02 août 2003
Le quatre-cent-unième coup

Mon fils, celui qui est à un camp d'anglais à l'université de Charlottetown a atteint son quatre-cent-unième coup en faisant du graffiti sur un bâtiment, sonnant ainsi son retour à la maison, cinq jours plus tôt que prévu. Faire du graffiti, en signant son oeuvre en plus, il me surprend! Nous sommes déçus de ce qui arrive, mais en même temps, contents qu'il revienne plus vite. Les derniers milles sont toujours plus inquiétants, en ce qui a trait aux gestes regrettables. J'espère qu'il comprenne au moins ce qui le motive...

Le quatre-cent-unième coup c'est le faux pas quand on marche sur le bord extrême de la falaise, le coin de la gouttière, le rebord de la fenêtre ... ou la taloche qui envoie Marie Trintignant dans le coma du non-retour. C'est le coup qui arrive trop vite, puisque l'on s'est donné un standard par les quatre cents premiers, un air d'aller, un genre, un style ... C'est le coup qui arrive machinalement presque, même sans drogue et alcool. C'est le coup de trop ...

Mon fils a l'excuse de ses dix-sept ans. Pour ceux qui chante la noirceur, la laideur, la violence, comme pour ceux qui batifolent sans protection par exemple, de nos jours, la relative inconscience inconséquente des quatre-cents coups prédisposent même le quatre-cent-unième. Pourquoi en être surpris? Nous, les autres, il s'agit de questionner notre réaction dès les premiers coups, puisque le quatre-cent-unième est une conséquence d'un geste de l'invidu ET de l'endossement des autres sur toute la chaîne des coups précédents. Il en est ainsi des mauvais comme des bons coups, des uns et des autres, collectivement et individuellement. Surtout, ne rien excuser, mais il ne s'agit pas que d'accuser ...

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